vendredi 2 août 2013

Bilan espagnol

Promenades
J’ai fait autour de 3000 km avec la Golf de Teresa.  Oh le plaisir…  À la fois les kilomètres avalés, parce qu’ils m’ont permis de visiter la région de Castilla y León et un peu d’Extremadura, et le peu de diésel avalé par la GTI 6 vitesses. Si peu, si peu.  La publicité qu’on voyait à la télé disait 1200 km avec un plein.  Bon, faudrait peut-être pas charrier, mais facilement 1000 km (avec 53 litres) sur l’autoroute en 6e vitesse.
J’ai revu un peu de Portugal.  Avoir eu quelques jours de plus, je pense que j’aurais poussé une pointe jusqu’à Porto.  Un, parce que la ville est absolument superbe et deux, parce que c’est sur le bord de la mer et j’aurais pu me tremper le corps.
J’ai visité le coin, je vous l’ai dit.  Il y a tout plein de vieux stock parce que non seulement Salamanca est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, mais plusieurs parties de vieilles villes du coin sont aussi sur cette liste-là.  Et, quand c’est sur la liste, ben, c’est parce que c’est du vieux stock beau (parce que le vieux stock laid, il n’est pas sur la liste).  Mais là, j’ai un peu atteint mon quota de cathédrales et d’églises, même si c’était la place la plus agréable à visiter pour cause de fraicheur perpétuelle….

La température
L’air climatisé devrait être une obligation en Espagne.  Les restaurants, musées (évidemment) et autres bâtiments publics sont heureusement réfrigérés en été.  Mais je pense qu’ils ne savent pas trop comment ça fonctionne: combien de restos ou de magasins ai-je vus la porte toute grande ouverte?  Sans doute est-ce pour attirer le touriste, mais la clim, dans ce temps-là, ce n’est non seulement pas très efficace, mais ça doit couter une fortune de climatiser le trottoir.
- Température moyenne dans la moitié nord de l’Espagne en juillet: 34. 
- Nombre de jours d’ensoleillement: 19/19 jours
La différence avec le Québec, c’est que c’est très sec (vous auriez dû me voir le nez le matin…).  C’est donc un peu plus supportable.  Mais 38, c’est chaud.  Je trouvais le moyen de suer comme un porc ficelé qu’on aurait enfourné à 350.
On a eu des orages deux soirs de suite.  Ça a fait beaucoup de bien parce que ça a permis de ra fraichir l’air un peu et j’ai mieux dormi ces deux soirs-là parce que la température était descendue autour de 15 pour la nuit.  Autrement, c’est plutôt 22-23.
Alors, note à moi-même (et tâchez de vous en rappeler pour me frapper quand le temps sera venu) : ne plus retourner en Espagne en juillet.  TER-MI-NÉ.

Dans l’appartement
Je ne comprends pas pourquoi la laveuse prend deux heures pour faire un cycle de lavage.  On va établir une chose tout de suite: l’électricité est chère en Europe en général.  Je comprends donc que les gens fassent leur lavage ou partent le lave-vaisselle en soirée, moment où l’électricité est moins onéreuse.  Mais cibole!  Une brassée de lavage dure deux heures.  Ça fait beaucoup d’électricité, ça.  Pis en plus, comme on part ça vers 22h, ben il faut attendre à minuit pour étendre.  Ou ben on va se coucher et le lavage reste essoré dans la laveuse jusqu’au lendemain matin.  Conclusion? Il faut le repasser.  Il me semble que c’est un mauvais calcul tout ça.

Si jamais j’ai un condo ou une maison et que la rénovation me guette, ne jamais acheter une plaque de cuisson. C’est super long pour amener un rond à une chaleur chauffante et une fois que c’est chaud, ça ne redescend plus…  Je m’ennuie à périr de ma gazinière (au gaz!) de mon appartement français.  C’était il y a vingt ans.  Misère que le temps passe.

Je chiale, je chiale.  Mais j'aime tellement ça, faire un échange de maison. Être installée quelque part et ne pas trop avoir l'air d'une touriste.  Aller à l'épicerie. Me promener avec une voiture locale.  Me faire reconnaitre par les gens du coin parce que je suis une touriste installée.  Oui, vraiment, j'adore.

La bouffe, les souliers et autres plaisirs
C’est pour ça, entre autres, que je viens en Espagne.  Bouffe excellente (un peu trop de friture à mon gout) mais mangée à des heures pas d’allure.  Si je peux m’habituer à diner à 15h, je ne m’habitue pas à souper à 22h.  Le steak avant de me coucher, c’est un peu trop roffe.
Salamanca est une trop petite ville pour avoir des magasins de souliers qui en valent la peine.  D’où l’excursion à Madrid à la toute fin.  Avec un certain succès.
Être ailleurs, c’est quelque chose de déstabilisant, certes.  Mais c’est tellement agréable.  Surtout quand, comme moi, on baragouine la langue locale.  J’en ai beaucoup perdu depuis trois ans, mais ça revenait tranquillement.  Je ne comprends pas, toutefois, comment les gens fonctionnent dans leur cerveau.  Par exemple, j’ai demandé toutes sortes d’affaires à toutes sortes de monde, avec un accent du yabe, une structure de phrase déficiente et des mots inexacts.  Me semble que c’est assez pour que mon interlocuteur comprenne que je ne suis pas Espagnole.  Ben non.  Mes interlocuteurs – tous sans exception – me répondaient à une vitesse ahurissante et je ne comprenais RIEN.  Quand je leur demandais de répéter, ils refaisaient tout ça, à la même vitesse.  AYE!  Si je ne comprends pas (ma face en témoignait aussi), répétez plus lentement, faites un dessin, sortez une carte, expliquez autrement.  Me semble qu’il ne faut pas être un prof pour comprendre ça!!!

Les lectures
J’ai lu.  Parce que c’est les vacances, certes.  Mais parce que, assise à une terrasse en sirotant un tinto de verano, c’est une activité agréable, une fois la job de cartes postales terminée.
J’ai lu :
  • Dans le jardin de la bête (Erik Larson).  Oh que c’était bon, ça.  L’histoire de la famille de l’ambassadeur américain à Berlin, au début des années 30.  Ce n’est pas un roman ni une biographie.  C’est quelque chose entre les deux.  Tout ce qui y est raconté est vrai.  Presque 500 pages bien tassées et historiquement chargées.  Ça prenait vraiment le tinto de verano!
  • 3096 jours (Natascha Kampush). J’avais peur de que ça soit un peu larmoyant. C’est l’histoire de cette jeune Autrichienne enlevée à 10 ans et qui s’est enfuie de la maison où elle était gardée prisonnière à 18 ans…  Ça permet de comprendre plein d’affaires. Et comme c’est écrit par des journalistes, avec ladite Natascha Kampush, c’est assez bien ficelé. Trois-mille-quatre-vingt-seize jours, c’est le nombre de jours qu’elle est restée prisonnière.
  • Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique (Amélie Dubois).  Suivez mon conseil: épargnez-vous cette lecture.  Mal écrit, mal construit, prévisible comme le soleil qui se lève.  Même pas assez bon pour être une lecture d’été.  C’est pire que les reprises de Cap sur l’été.
  • Les charmes de l’impossible (Karine Glorieux).  Meilleure lecture que la précédente. Un truc de fille encore, mais les personnages sont beaucoup plus intéressants, plus pleins, plus construits.
  • L’Ainé des orphelins (Tierno Monenembo). J’ai à enseigner ce roman à l’automne.  Je l’avais déjà commencé deux fois, mais j’avais été obligée de le mettre de côté.  Là, lu d’une traite, c’est super intéressant.  C’est une des nombreuses histoires laides du génocide au Rwanda racontée par un jeune prisonnier.  Évidemment, je vais devoir le relire dans un esprit d’enseignement, mais au moins, je connais l’histoire maintenant.
  • J’ai commencé Les Désarrois de Ned Allen (Kennedy Douglas) dans l’avion, en revenant vers Montréal.  Pour l’instant, ça va.
  • Et, parce que c’était les vacances, un roman Harlequin: Nuits troublantes.  Ce n’était pas le meilleur que j’ai lu. Pis le titre ne fite même pas avec l’histoire.
J’ai inauguré ma liseuse Kobo, achetée en spécial, au Bureau en gros de St-Georges de Beauce, après une réunion de Pédagogie collégiale.  Je n’étais pas certaine d’aimer ça (j’aime le livre, l’objet), mais finalement, j’aime ça.  J’aime ça parce que ça permet de lire et de manger en même temps, parce qu’on place le livre sur la table et il ne se referme pas.  J’aime ça parce que ça se traine partout et que ça ne pèse rien dans une sacoche.

Conclusion?  À refaire.  L'échange.  L'Espagne (mais pas l'été!).

1 commentaire:

  1. Beau compte-rendu Julie. Tiens, là, tu t'es acheté un Kobo. Le mien a rendu l'âme cet été et il paraît qu'il n'y a rien à faire pour le ressuciter. C'est vrai qu'il avait déjà 3 ans. Avec les nouveaux modèles, ils ont trouvé moyen de les remettre en marche. Cependant, on perd tous nos livres. Donc assure-toi de les avoir sur ton ordinateur pour pouvoir les récupérer si tu as le même problème un jour.

    A quand et où ton prochain voyage?

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