Il y a quelques années, un des personnages d’un roman de
Raphaëlle Germain disait quelque chose comme «Je ne peux pas m’imaginer ça, des
plans pour que ça n’arrive pas, vu que j’y ai pensé.» Dites-moi pas que ça ne vous est jamais passé
par la tête: «Si je m’imagine des choses, ça ne va pas arriver. » En tout cas, je fais mon coming out: ça m’arrive parfois. Pis je me trouve ben niaiseuse, ce qui ne m’empêche
pas de le faire pareil.
C’est ce que je me suis dit ce matin, en me levant. Hier, j’ai commencé la lecture de Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique,
d’Amélie Dubois. Un roman de filles
assez mal foutu. Pas particulièrement d’intrigue, toutes les écœuranteries que
peuvent faire les touristes ramassées en trois filles, une écriture assez
ordinaire et surtout, une structure d’un ennui mortel, prévisible comme le
soleil qui se lève. Croyez-moi sur
parole et évitez-vous cette lecture ennuyante.
Malgré tout (je ne sais pas trop pourquoi… pour l’espoir que quelque
chose se passe?), je continue ma lecture.
Les filles sont
arrivées au Mexique, dans un tout inclus. Elles profitent de leur première journée pour
se paqueter la fraise avec des daiquiris aux fraises, justement. Alors, le lendemain, inutile de vous dire qu’une
des trois a un coup de soleil qui la confond avec un homard trop cuit, l’autre
vomit allègrement dans la toilette et l’autre a la tourista… dans le bain,
parce que la toilette est occupée.
Quand je vous dis que c’est rempli de clichés.
Je lisais ça en soupant, étant un peu mêlée sur l’endroit où
je me trouvais. Dans le roman, il se dit
quelques mots en espagnol, et je commandais moi aussi mon souper en
espagnol. Tout s’est un peu mêlé dans ma
tête… et dans mon estomac. Si bien que
ce matin, je me suis levée, au charmant (mais un peu vieux) hôtel Infante
Isabel de Ségovie en ayant le flu. Ma
première pensée a été: «Je me demande si c’est à cause du roman…» Je vous entends rire d’ici (Priscilla,
particulièrement). Bon, ok, il était encore tôt. Mettons ça sur le compte de l’heure matinale. Je suis retournée me coucher. Reste que j’y ai pensé encore en me relevant,
une heure plus tard: «Est-ce que je serais malade parce qu’un personnage du
roman est malade? Peut-être que je n’aurais
pas dû lire ça hier soir…»
Maudite épaisse.
Jamais je n'oserais :D
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