lundi 15 juillet 2013

J'aime l'école



L’école?  Ben, les écoles.  Quand elles ont une histoire, une spécialité connue, une architecture intéressante…  Je trouve que c’est un endroit hors du commun, à la fois pour ce qui s’y passe que pour la chance qu’ont les étudiants de le fréquenter. C’était le cas de l’Université de Berkeley en Californie, il y a deux ans.  Je m’étais promenée un peu sur le campus et ça m’avait donné le gout de suivre à peu près tous les cours de la création.  Même affaire sur les campus de Cambridge et Oxford en Angleterre.  Bon, ok, je le sais: je fais ma chiante.

Aujourd’hui, visite (entre autres) de l’Université de Salamanca (USAL).  Dans l’histoire du pays, c’est la 2e plus vieille université, mais aujourd’hui, c’est la plus vieille encore en activité. C’est la cinquième d’Europe, bien qu’elle ait été la toute première à porter le titre de «université». L’université était sous la houlette des Jésuites (les cours se donnaient dans la Cathédrale) et a été fondé en 1218.  C’est presque 300 ans avant la découverte de l’Amérique, ça.  Ça fait un peu drôle de penser qu’il y avait des étudiants assis par terre (les «bancs d’université» n’existaient pas encore), à écouter (ils ne prenaient pas de notes) leur professeur leur parler en latin (c’était la langue de l’enseignement), alors qu’on ne savait pas qu’il y avait de la vie de l’autre côté de l’Atlantique.

Évidemment, on parle ici de vieux stock.  Il y a beaucoup de pavillons qui datent de cette époque (et de l’époque plus récente) en ville, mais quelques-uns des plus récents sont «en banlieue», c’est-à-dire de l’autre côté de la rivière Torres, à 15 minutes de marche.  La faculté de géographie et d’histoire, où enseigne Teresa (mon échangiste), est en plein centre-ville.  Comme la faculté des sciences et des mathématiques, celle de philologie et de philosophie, entre autres.  Au Moyen Âge, on enseignant le droit civil, le droit canonique, la médecine (pour apprendre à faire des saignées???), la logique, la grammaire et la musique.  Tout ce qui était religieux n’était curieusement pas enseigné, le roi Alphonse IX de Léon ayant décidé qu’il devait y avoir une séparation entre l’Église et l’Éducation.  Et une toute petite fierté: le père québécois Georges-Henri Lévesque a contribué à fonder la faculté des Sciences sociales, au milieu du XXe siècle.


Une classe reconstituée comme à l'époque des premiers pupitres


La chapelle de l'université

Un corridor...
L’entrée de l’université (le pavillon original) est magnifique.  Quelque part sur une des arches, il y a une grenouille sculptée sur le crâne d’un homme.  Ça a l’air que ça porte chance dans ses études si on trouve ladite grenouille avant un examen.  Bon, une chance que la guide a indiqué où ça se trouvait parce que je ne l’aurais jamais trouvée.  Faut dire que ladite grenouille a plusieurs centaines d’années et que, mettons, que le temps a fait son œuvre.  Elle n’a plus tellement l’air d’une grenouille, mais plutôt d’un tas de ciment patiné par le vent.  Heureusement, mes études sont terminées.

L'entrée principale du premier pavillon

Mettons, une grenouille sur le crâne
La grenouille est importante pour la vie touristique de la ville: on peut acheter tous les cossins de la création avec une grenouille dessus.  Évidemment, si on n'a pas visité l'université, on trouve ça un peu étrange que l'animal le plus en vue de Salamanca soit une grenouille...

Ce que j’ai trouvé le plus émouvant de cette visite, c’est sans contredit la bibliothèque.  L’USAL a été la première université européenne à être dotée d’une bibliothèque.  Il y a, dans cette salle, des livres qui datent de 1218.  Au-delà de 400 ouvrages datent d’avant 1500.  Évidemment, tout ça est derrière des vitres et je suppose qu’il y a toutes les alarmes que vous pouvez imaginer pour protéger ce superbe lieu dans l’Histoire du monde.

La bibliothèque historique
L'université a donné lieu à quelque chose de très particulier qui est encore très visible à Salamanca: les diplômés (les docteurs) avaient le droit de prendre un peu de sang de taureau et de faire un graffiti sur les murs de la ville avec le mot "victor" (un genre de logo) (pour victoire), leur propre nom, la date d'obtention du diplôme et le diplôme en question.  Aujourd'hui, ces inscriptions en rouge sur la pierre dorée sont reprises partout dans la ville: c'est ce qui fait une partie de son charme.

     
Le droit des docteurs: écrire avec de la peinture sur le mur de l'université

2 commentaires:

  1. Oh... là, c'est vrai, je brûle de jalousie intense !!!

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    1. Je sais pas trop pourquoi mais je pensais à toi pendant cette visite...

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